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Le week-end à Rouen de monsieur bernard à l’occasion de l’exposition Salammbô

Le musée des Beaux-Arts de Rouen célèbre en fanfare le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert, natif de la cité normande, avec l’exposition « Salammbô : Fureur ! Passion ! Eléphants ! ». Donc week-end à Rouen.

Dormons à Rouen (ou pas très loin)

Bon, pour ce qui est de l’hôtellerie de charme, nous sommes au regret d’admettre que Rouen ne figure pas parmi les préfectures les mieux dotées de l’Hexagone. Monsieur bernard vous invite donc à vous replier sur quatre sémillants lieux de villégiature campagnards, tous situés à une trentaine de kilomètres de la ville aux mille clochers. Par ordre d’apparition, la Riverside House à Muids, L’Epicerie du Pape à Vascoeuil, La Maison Plûme à Villequier, et Le Manoir de Surville à… Surville. Mais bon, si vous souhaitez séjourner dans le centre, pas de panique, eu égard à sa magnanimité proverbiale, monsieur bernard vous a déniché quelques airbnb de bonne facture.

Riverside House

Vous êtes nombreux (ou riches) et vous considérez que le vrai luxe c’est l’espace ? La Riverside House, c’est, comme indiqué sur le site, « The perfect countryside escape in Normandy ». Même si votre English n’est pas « fluent », vous aurez compris la promesse, qui, autant vous le dire tout de suite, est tout sauf mensongère. Rénovée en 2018 cette maison bourgeoise du 19ème siècle (7 chambres réparties dans 3 bâtiments), piscine chauffé de 16m et grand jardin avec arbres centenaires a fait la une de l’intégralité des magazines déco, et c’est, autant le dire, assez mérité. Vous pouvez louer la Riverside House selon 4 options (4,5,6 ou 7 chambres). La coolitude version normande a un prix : pour 2 nuits, il vous en coutera de 1300€ pour 4 chambres à 2000€ pour la maison entière, à savoir les 7 chambres.

L’épicerie du Pape

Vous êtes moins nombreux (et moins riche) ? Dans un petit village, en bordure de forêt, au milieu d’un jardin fleuri, L’Epicerie du Pape vous attend. Deux jolies chambres dans la maison de la famille Sédard, au fond du jardin, une Tiny House tout ce qu’il y a de plus nordique avec caravane Puck adjacente pour les enfants, prêt de bicyclettes, courts de tennis à disposition, et aux beaux jours, petite piscine chauffée pour barboter à son aise. Enfants et animaux bienvenus sur demande (les animaux, pas les enfants). Le bonheur à partir de 100€ la nuit pour 2 petits-déjeuners compris.

La Maison Plûme

Vous êtes nombreux (ou pas), riche (ou pas) ? Direction la Maison Plûme. En 2016, après avoir parcouru le monde (Australie, Canada, Alsace, Paris), Jeanne Lozay revient au bercail, en l’occurrence son village natal de Villequier. Elle y rachète l’ancien hôtel de France, lieu de villégiature de Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin. Sept mois de travaux plus tard, elle y ouvre avec Simon, son compagnon, La Maison Plûme, d’abord trois, et aujourd’hui cinq chambres d’hôtes en bord de Seine : le Nid, hommage à l’appartement témoin d’Auguste Perret, la Parisienne, chaise Thonet et bureau vintage, l’Amour, ambiance cosy british et terrasse sur la Seine, la chambre Douce, toute de rose poudré vêtue, et la chambre Brume, avec vue plongeante sur la Seine. La perfection à partir de 149€ la nuit petits-déjeuners inclus.

Le Manoir de Surville

Un paysage bucolique, un petit village normand, un monument historique du XVIème siècle au cœur d’un jardin de deux hectares… Le Manoir de Surville tient de la carte postale. Le luxe classique et chic à partir de 180€ la nuit.

Samedi à Rouen

L’Hôtel de Ville

Une fois n’est pas coutume, commencez votre visite par l’Hôtel de Ville, sa salle du conseil et sa grande galerie, signée du décorateur Maxime Old.

Dans les années 1960, le décorateur Maxime Old est chargé d’aménager l’hôtel de ville et la halle aux Toiles de Rouen. Influencé par le Bauhaus, l’Art Déco et l’Union des Artistes Modernes de Robert Mallet-Stevens et Charlotte Perriand, Maxime Old est prié d’apporter un peu de confort et de modernité à l’hôtel de ville, dont l’intérieur est resté inchangé depuis la fin du XIXe. Le 2 avril 1962, son projet d’aménagement pour la salle du conseil municipal, les salles de commissions attenantes et la grande galerie du premier étage est choisi. Panneaux de palissandre rehaussés de filets de laiton, marqueterie de mélaminé, claustra de fer forgé, boiseries éclairantes, piètements en X et effets de bois précieux se dérouleront sous un monumental plafond composé de panneaux en métal perforé montés sur des portiques. Il réalisera là l’un de ses décors les plus spectaculaires, pour lequel, entre la commande et l’inauguration, trois années de travaux furent nécessaires.

Salammbô au Musée des Beaux Arts

« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. » En cette année de bicentenaire de la naissance de Flaubert, les expositions fleurissent en Normandie et ailleurs pour célébrer l’écrivain. Et le Musée des Beaux Arts de Rouen apporte sa pierre à l’édifice avec, à l’affiche jusqu’au 19 septembre, « Salammbô : Fureur ! Passion ! Eléphants ! », une exposition qui sera ensuite présentée au Mucem de Marseille dès cet automne, puis en Tunisie, au Musée national du Bardo, au printemps 2022. Fureur, passion, désir, trahisons et… éléphants traversent cette géniale épopée qui nous fait voyager en terre punique, trois siècles avant J.-C.

« Mrs Algernon Bourke costumée en Salammbô », tableau vivant à Blenheim Palace, Londres, 1897
Georges-Antoine Rochegrosse – Salammbô et les colombes, 1895
Georges-Antoine Rochegrosse – Salammbô venue chercher le zaïmph repousse Maâtho qui lui déclare son amour, 1900

L’attraction fatale entre Salammbô, prêtresse de Tanit, et Mâtho, chef des mercenaires révoltés, l’opulente Carthage, ses cultes féroces, ses invincibles murailles et son aqueduc cause de sa perte, les batailles sanglantes, les éléphants incendiés et les lions crucifiés, tout dans ce roman hors-norme est propice à enflammer les imaginaires. L’exposition rassemble 350 œuvres – peintures, costumes, photographies – ainsi que des trésors archéologiques de l’époque punique, des musées du Bardo et de Carthage.

Victor Prouvé – Reliure pour Salammbô, 1893

Profitez-en pour parcourir les collections permanentes qui réunissent Impressionnistes, évidemment, parmi lesquels Monet, Pissarro, Renoir, Sisley, mais aussi des Romantiques (merveilleux autoportrait de Delacroix), et même du Modigliani.

Eugène Delacroix – Autoportrait, vers 1816

Déjeuner au Prélude Café

De retour de New-York, Matthieu Meisse s’est mis au café, et Clément Hu à la cuisine. Dans leur Prélude Café, vous trouverez donc le meilleur café de Normandie, que vous accompagnerez de patisseries (mais pas que) du même tonneau. Les cafés viennent des meilleures torréfacteurs du Nord de l’Europe (Prolog Coffee, Round Hill Roastery, Coffee Collective) et les patisseries directement de la cuisine (carrot cake, banana bread, brownies, madeleines, financiers…). Lunch bowl du jour et quelques plats salés à déguster pour le déjeuner.

Retro Design

Pour bien commencer l’après-midi qui sera placé sous le double signe de la brocante et de l’antiquité, Rouen étant particulièrement bien pourvu dans le domaine, rendez-vous chez Retro Design. Ouvert le vendredi et le samedi de 15h30 à 19h.

Les rues Damiette et Martainville

Nous vous concéderons aisément que le samedi après-midi, les rues Damiette et Martainville, au cœur du quartier Saint-Maclou, peuvent être prises d’assault par les rouennais en week-end et autres touristes de passage. Mais bon, il y au moins deux raisons à cela. Primo, c’est joli, les deux rues étant parfaitement représentatives de l’architecture à pans de bois qui avait cours entre le Moyen-Âge et le XIXe siècle. Secundo, ce quartier est aujourd’hui celui des antiquaires, et on y trouve également des petites boutiques originales, et des cafés accueillants.

Parmi les antiquaires du quartier, arrêtez-vous chez Playtime au 17 rue des Boucheries Saint-Ouen, chez Jacotte et Javotte au 37 rue Saint-Nicolas, passez par l’Aître Saint-Maclou, et terminez chez Dalala Vintage au 17 rue Alsace Lorraine.

Dalala Vintage, 17 rue Alsace Lorraine

Pour clore l’âpre-midi, poursuivez jusqu’à la Halle aux Toiles, qui vaut le détour pour plusieurs raisons dont nous vous parlons deux lignes plus bas.

La Halle aux Toiles

En 1960, les architectes Henri Jullien et Raymond Barbé confient à Maxime Old, dont on vous a déjà parlé plus haut, l’aménagement de la halle aux Toiles, une salle des fêtes pour laquelle il dessinera des banquettes et des fauteuils en chêne, des chaises en acajou, des guéridons en métal et verre et des grandes tables d’apparat, faisant apparaître ce qui deviendra l’une de ses signatures : le piètement en X. Pour ce bâtiment historique de la grande ville normande, il concevra aussi l’éclairage, imaginera des extracteurs de fumée interprétés comme des sculptures sous la voute de la grande salle, et habillera certains murs de merisier, certaines lignes de laiton, et certains détails de couleurs.

Le diner du samedi soir

Samedi soir, direction la Dinette de Pierre Letard (passé par Ze Kitchen Galerie à Paris). Une immense table de 18 couverts, recouverte de marbre vert, pour un diner aussi bon que créatif et photogénique autour de 30€.

Dimanche à Rouen

Les Puces Rouennaises

Bon il va falloir être patient. La prochaine édition des Puces Rouennaises aura lieu du 14 au 16 janvier 2022. Mais une femme (ou un homme) avertie en valant deux, monsieur bernard se devait de vous avertir pour que vous puissiez graver la date dès aujourd’hui dans votre agenda. Il faudra donc revenir à Rouen l’année prochaine.

Abbaye de Jumièges

Abbaye de Jumièges

Du coup, au lieu d’acheter des vieilleries, vous pourrez élever votre esprit. car le bicentenaire Flaubert se décline aussi à l’Abbaye de Jumièges. « Visiter Pompei : Claudio Sabatino, un photographe sur les pas de Gustave Flaubert » est le titre de l’exposition à l’affiche jusqu’au 27 juin 2021. Car ce bon Gustave a visité Pompéi en 1851. Il y consacre d’ailleurs plusieurs pages dans son Voyage en Orient. Et c’est au sein du logis abbatial de Jumièges que le travail réalisé sur Pompéi depuis 2001 par le photographe italien Claudio Sabatini sera exposé. Egalement au menu, des photographies prises par Giorgio Sommer (1834 – 1914) entre 1865 et 1870, soit quelques années après le passage de l’écrivain.

Claudio Sabatino – Pompéi, l’Amphithéâtre, 2016
Claudio Sabatino – Pompéi, la Basilique, 2001
Claudio Sabatino – Pompéi, la Maison de l’Ancienne Chasse, 2001
Claudio Sabatino – Pompéi, le Temple d’Isis, 2001

Le déjeuner du dimanche midi

Vous pouvez revenir au Prélude Café qui propose un excellent brunch dominical avec œufs brouillés, truite fumée, scones, granola…

Deux scénarios pour une collection au Frac

« Deux scénarios pour Une collection » présente un panorama exhaustif des œuvres récemment acquises par le Frac Normandie Rouen en proposant deux accrochages successifs : le Scénario 1, intitulé Corps, couleurs, matières devait être à l’affiche du 13 mars au 09 mai 2021. Le Scénario 2, Plan, image, séquence, lui succède du 10 mai au 15 août 2021.

Constance Nouvel – Last, 2018
Ian Wallace – Table with Un Coup de Dès III, 2011
Agnès Geoffray – Les Impassibles, 2018
Thu-Van Tran – Photogramme de résidus #1, 2013

Cliquez ici avec votre doigt (ou avec votre souris si vous êtes sur un ordinateur muni de l’ustensile en question) pour accéder à la page consacrée aux adresses de monsieur bernard à Rouen.